C’est sans grande surprise hier, que nous avons vu M6 peindre un tableau pas très glorieux de la vente à domicile : arnaque, vente abusive, intérêt pour le gain, on a eu le droit aux clichés habituels.

On avait déjà constaté dans l’émission « Une boutique dans mon salon » que c’est souvent l’âme de commercial et l’appât du gain que les chaines aiment mettre en valeur, éludant alors totalement le cœur même de la vente à domicile : la convivialité.

On a donc décidé de faire une petite liste pour compléter et corriger le documentaire d’M6 :

  • Non, tous les vendeurs ne sont pas des escrocs

On s’y attendait, on l’a vu : le fameux vendeur qui vendrait son âme pour vous refiler un aspirateur ! Alors, effectivement, le comportement de ce vendeur est plus que douteux, la technique de vente discutable mais cela n’est qu’un vendeur parmi des milliers de VDI en France.

Il est probable que vous ayez au travail un collègue insupportable : cela veut-il dire que tous vos collègues sont insupportables ? Non !

Pourquoi dépeindre un portrait du vendeur abusif ? Il existe des centaines de marques, qui vendent en réunion en mettant l’accent sur la convivialité et la confiance.

Savez-vous qu’en France, il existe une fédération (fédération française de la vente directe), qui encadre la vente à domicile ? Les plans de commissionnement, la formation des vendeurs et les techniques commerciales sont alors passés au peigne fin lors de l’adhésion de la marque à la fédération.

Une marque pratiquant les techniques décrient dans ce reportage ne pourrait jamais adhérer à la fédération 😉

 

  • Non, tous les vendeurs ne gagnent pas 4500€ par mois

J’avoue que sur ce coup-là, on a un peu rigolé. Sur les 3 vendeurs présentés dans le reportage, deux avaient des salaires entre 3500€ et 4500€. Sans vouloir décourager les futurs VDI qui ont vu naitre une vocation à la suite de ces paroles, ce n’est pas monnaie courante.

Nous sommes en contact avec de nombreuses marques et je peux vous assurez qu’une grande majorité des VDIs exercent cette activité pour compléter leurs revenus et sont bien loin des 3000€ par mois.

Effectivement, un VDI qui gère une équipe pourra être commissionné sur les ventes de ceux-ci. Cependant, sachez que ce système est encadré afin d’éviter ce qu’on appelle le système pyramidale (voir article de notre blog). Une marque adhérente à la fédération doit réglementer son système de niveau et vérifier que les « chefs d’équipes » réalisent eux-mêmes un chiffre d’affaire minimum afin d’être commissionné sur le travail des autres.

Alors, non, la vente à domicile ne consiste pas à recruter des équipes pour s’en mettre plein les poches sans travailler 😉

 

  • Non, il n’y a pas que le gain qui comptent

Un bon vendeur est un vendeur qui connait et aime ses produits. C’est d’ailleurs son intérêt pour ces produits qui va l’orienter vers une marque ou une autre.

On a donc été un peu surpris que cet aspect de « passion » et de convivialité soit complètement absent du reportage. Un bon vendeur à domicile, c’est un vendeur humain, qui aime et connait ses produits et est là pour conseiller ses clients.

Evidemment, l’aspect financier est présent dans l’esprit du vendeur puisque plus il vend plus sa commission sera élevée mais ça ne fait pas tout !

De nombreuses marques, de jeux de société ou de cuisine par exemple, proposent une véritable valeur ajoutée lors de leurs réunions. On dépasse ici la simple démonstration pour basculer vers un modèle plus participatif.

Participer à une réunion de vente à domicile, c’est être à la recherche d’un moment convivial, qui permet de découvrir un produit comme vous ne pourriez pas le faire en magasin, en vous l’appropriant.

 

  • Non, les vendeurs ne sont pas payés 100 euros de l’heure

Au cours de reportage, on a pu suivre les ventes de plusieurs vendeuses et en arriver à la conclusion que pour 3 heures de travail, on en arrivait facilement à 100 euros de l’heure..

La aussi, il y a eu une petite omission :

On voit au cours du reportage que les vendeurs sont souvent amenés à faire de la route pour se rendre chez les clients : vous pouvez alors déjà enlever au CA de la réunion le prix de l’essence aller-retour.

On a également omis dans « le temps de travail », la préparation en amont de la réunion : prise de contact avec l’hôtesse, relance des participants, préparation de la démonstration, etc. Vous imaginez bien que cela ajoute une charge de travail importante.

Il ne faut pas oublier non plus qu’une fois la réunion passée, le vendeur devra encore saisir ses commandes dans le logiciel de la marque et s’assurer de la livraison des produits.

Pour couronner le tout, on a également fait abstraction :

  • du temps de prospection (et non, vos clients ne vous tombent pas tout cuit dans le bec, il faut aller les chercher !)
  • du temps de formation : les produits et les gammes évoluent, il faudra donc vous former tout au long de votre mission chez la marque pour être au top pendant les démonstrations
  • du temps dédié à la relation client : il se peut que votre client se rétracte, qu’il reçoive un produit défectueux. Il vous faudra alors gérer la situation avec votre client afin de lui donner entière satisfaction et préserver une bonne image de marque.

Alors non, être VDI ça ne vous demandera pas uniquement trois heures de démonstration le samedi 😉

  • Merci M6

Alors que tous les articles titraient « la vente à domicile à l’honneur dans Capital sur M6 », on en vient à se demander si nous avons vu le même reportage, celui-ci nous laissant un gout amer…

La vente à domicile, c’est une croissance de 22% sur les cinq dernières années, et c’est déjà plus de 640 000 VDIs. C’est aussi un bon complément de revenus pour les foyers modestes et un moyen de créer du lien social.

Alors, chers vendeurs, ne vous laissez pas abattre par ces clichés qui collent à la peau depuis des années et continuez de véhiculer une image conviviale et respectueuse du client. Un jour peut-être, nous aurons droit à un reportage objectif, qui met en valeur votre travail et celui de votre marque ! 😊

Un commentaire à propos de “On a regardé Capital sur la vente à domicile…”

  1. Bonjour,

    J’ai vu ce reportage et effectivement, la réalité est décidément bien déformée avec M6…
    Derrière ces réunions de vente, il y a toute une organisation, et les VDI sont formés, ils prennent soin de leurs client(e)s et essaient de répondre au mieux à leurs besoins.
    Pas comme nous avons pu le voir dans le sujet consacré au vendeur d’aspirateur, là on est très limite… Très mauvais exemple !
    Mais d’une manière générale, il ne suffit pas de faire quelques réunions pour générer des revenus importants, il faut se former, apprendre, passer à l’action, construire une petite organisation en parrainant de nouveaux VDI, les aider.
    Et là, oui, on peut gagner plus que très bien sa vie, mais c’est du travail, même si c’est l’un des plus beaux métiers du monde.
    Le tout étant d’en faire une vraie passion, non pas un « travail » mais d’aimer parler de ses produits.

    Bonne continuation 🙂

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